Nous avons suivi Jésus dans sa passion, jusqu’à sa mort sur la croix. Nous aussi, il nous a invités à prendre notre croix et à le suivre sur ce même chemin (Cf. Mt 10, 13). Comment comprendre ?

En grec, le mot croix vient du verbe « se tenir debout ». Prendre sa croix ce n’est donc pas subir passivement sa vie ou baisser les bras, mais c’est lui faire face, se tenir debout, la prendre à bras ouverts, accepter librement l’inacceptable. Non pour s’y complaire, mais pour le traverser. Prendre sa croix, c’est passer d’une vie subie à une vie choisie. Prendre sa croix c’est aller au bout de ses responsabilités malgré les difficultés. Mieux ! En la prenant, nous rencontrons Jésus qui la porte avec nous et, parfois, nous porte tout simplement lorsque la croix est trop lourde.

Y a-t-il un sens à nos souffrances ? Non, aucun, si nous ne regardons pas Jésus. Si nous nous fixons sur lui, alors nous pouvons les offrir au Père, avec lui et par lui. Et l’offrande a du sens car, en offrant, nous sauvons le monde avec lui, nous participons à son œuvre de Rédemption. La souffrance en elle-même n’a aucun sens, mais l’offrande oui. Combien de personnes âgées se sentent inutiles, souhaitant alors la mort ? Vu ainsi, on les comprend. Mais si, en offrant leurs souffrances, elles prennent conscience de leur participation à l’œuvre de Dieu, alors leur regard change de trajectoire : elles ne se regardent plus mais elle regardent vers les autres. Et l’offrande de l’un donne la vie à tel autre. Le monde a plus que jamais besoin d’hommes et de femmes, et même d’enfants, qui prennent courageusement leur croix, non pour la subir mais pour s’unir davantage par elle au Christ crucifié. Il faut en être convaincus : c’est l’amour, et lui seul, qui sauve le monde et le ressuscite en Vie éternelle.

Père Rémy CROCHU

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