Donatien et Rogatien, frères en Christ

Monseigneur James a adressé une « lettre ouverte » à ses prêtres, le jour de Pâques : « que demeure l’amour fraternel » (Hébreux 13, 1). Si cette lettre est spécialement adressée aux prêtres, elle est ouverte à tous : « Je souhaite, écrit-il, que nous cultivions cette fraternité, que nous la fassions grandir en l’enracinant profondément dans la foi en Jésus-Christ. » J’éprouve personnellement une grande joie à voir nos deux paroisses développer cet esprit fraternel, notamment à travers la création de petites « Fraternités d’Evangile ». L’évêque écrit à cet égard son souhait «  que ces Equipes Fraternelles de Foi se développent et attirent ».

La “fraternité” n’est pas qu’un mot. Ce qui m’a frappé en lisant cette lettre, c’est la vision pastorale stimulante qui s’en dégage. Spécialement dans ce passage :

« L’Eglise de Nantes est née du sang de deux martyrs, les « enfants nantais », deux frères : Donatien et Rogatien, l’un baptisé, l’autre catéchumène. Les Actes de leur martyre disent qu’après leur condamnation à mort, les deux frères se mettent à prier et à s’encourager mutuellement. Leur histoire marque, et pour toujours, notre diocèse, peut-être même le caractérise. Tout commence par deux frères de sang. »

 Et notre évêque rappelle que « Donatien » vient du latin donare qui veut dire donner, autrement dit servir, et « Rogatien » du verbe rogare qui signifie prier, demander. Les deux grandes dimensions de la foi qu’il faut tenir indissociablement. Aussi bien en chacun de nous qu’en chacune de nos communautés, familles et paroisses.

« La communauté ecclésiale est ainsi constituée de frères et sœurs du Christ. Je veux donc considérer l’Eglise de Nantes, comme une « Fraternité en Christ ». C’est une bonne nouvelle à vivre et à annoncer aujourd’hui. » Et l’évêque, citant Saint Jean-Paul II, en rappelle l’enjeu : « faire de l’Eglise la maison et l’école de la communion. »

 Nous n’avons pas attendu aujourd’hui pour accueillir jusque dans nos paroisses le témoignage des martyrs nantais. Des statues les représentant ont été élevées dans telle ou telle église ; un collège porte le nom des « Saints Donatien et Rogatien ». Par son seul nom, il a rappelé à des générations de jeunes ce que nous avons à vivre inséparablement : donner et prier.

Le martyr de Donatien et Rogatien nous rappelle enfin une chose fondamentale : la fraternité a un coût ! Jésus nous a prévenu : « aimer ceux qui nous aiment : les païens n’en font-ils pas autant ? ». Nous devons nous interroger sur notre capacité à aimer non seulement ceux avec qui c’est facile mais aussi les autres : les personnes fragiles, les malades, les « frères séparés », les « frères en humanité ». En vérité, notre véritable martyre est aussi et surtout de continuer d’aimer nos plus proches, jusqu’au pardon, la réconciliation. « Tous, nous avons à nous faire pardonner pour nos manques de fraternité, y compris au sein de nos propres familles. »

« C’est l’amour fraternel qui vérifie, en nos vies, l’amour de Dieu. »

Rémy CROCHU

 

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