LA MALADIE DANS LA VIE HUMAINE ET DEVANT DIEU
L’un de vous est malade, qu’il appelle les anciens
[cf Jc 5,14] : l’onction des malades.
Le catéchisme de l’Eglise catholique nous enseigne que la maladie est un phénomène universel qui accompagne et éprouve la vie humaine. L’homme y fait l’expérience de son impuissance, de ses limites et de sa finitude. La maladie peut conduire à l’angoisse, au repli sur soi, parfois même au désespoir et à la révolte contre Dieu. Elle peut aussi aider une personne à discerner dans sa vie ce qui n’est pas essentiel, pour se tourner vers ce qui l’est. Pouvant provoquer une recherche de Dieu, un retour à Lui, la maladie devient chemin de conversion (cf. Ps 38, 5 ; 39, 9. 12).
Le Christ – médecin du corps et de l’âme
Jésus est le médecin des corps et des âmes. (cf. Mc 2, 17). Sa compassion l’amène à s’identifier à tous ceux qui souffrent : ” J’ai été malade et vous m’avez visité ” (Mt 25, 36). Son amour de prédilection pour les infirmes, cette divine compassion n’a cessé d’éveiller l’attention toute particulière des chrétiens envers tous ceux qui souffrent dans leur corps et dans leur âme. Jésus ne demande aux malades que la foi. (Cf. Mc 5, 34. 36 ; 9, 23). Les malades eux, cherchent à le toucher (cf. Mc 1, 41 ; 3, 10 ; 6, 56) ” car une force sortait de lui qui les guérissait tous ” (Lc 6, 19). A travers les sacrements, le Christ nous touche pour nous guérir. ” Guérissez les malades ! ” (Mt 10, 8). Ainsi le Christ fait participer ses disciples à son ministère de compassion et de guérison : ” Ils s’en allèrent prêcher ; et ils chassaient beaucoup de démons et faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades et les guérissaient ” (Mc 6, 12-13). L’Église veille à réaliser cette charge par les soins qu’elle apporte aux malades et par la prière. Elle croit en la présence vivifiante du Christ. Cette présence est particulièrement agissante par les sacrements, et de manière toute spéciale par l’Eucharistie, pain qui donne la vie éternelle (cf. Jn 6, 54. 58) et dont saint Paul insinue le lien avec la santé corporelle (cf. 1 Co 11, 30). L’Église retient cependant l’onction des malades comme rite spécifique en faveur des malades.
Le sacrement de l’onction des malades
L’onction sainte des malades a été instituée par le Christ comme un sacrement. Insinué par Marc [cf. Mc 6, 13], il est recommandé aux fidèles et promulgué par l’apôtre Jacques : ” Quelqu’un parmi vous est malade ? Qu’il appelle les presbytres de l’Église et qu’ils prient sur lui, après l’avoir oint d’huile au nom du Seigneur. La prière de la foi sauvera le patient, et le Seigneur le relèvera. S’il a commis des péchés, ils lui seront remis ” (Jc 5, 14-15). La Constitution apostolique ” Sacram unctionem infirmorum ” du 30 novembre 1972, a établi ce qui suit : Le sacrement de l’Onction des malades est conféré aux personnes dangereusement malades, en les oignant sur le front et sur les mains avec de l’huile dûment bénite – huile d’olive ou autre huile extraite de plantes – en disant une seule fois : ” Par cette onction sainte, que le Seigneur, en sa grande bonté vous réconforte par la grâce de l’Esprit Saint. Ainsi, vous ayant libéré de tous péchés, qu’Il vous sauve et vous relève” (cf. CIC, can. 847, § 1). Concrètement peuvent recevoir ce sacrement : a) les infirmes, b) ceux qui doivent affronter une opération chirurgicale, quand cela comporte un risque ; c) les anciens affaiblis par l’âge ; d) les enfants gravement malades, s’ils ont rejoint l’âge de la raison. Avec la sacrée onction des malades et la prière des prêtres, toute l’Eglise recommande les malades au Seigneur souffrant et glorifié, pour qu’il allège leur peine et les sauve (cf. Jc 5, 14-16), il les exhorte à s’unir spontanément à la passion et mort du Christ (cf. Rm 8, 17 ; Col 1, 24) pour contribuer ainsi au bien du peuple de Dieu (cf LG 11b). Bien portants ou malades, nous comptons tous aux yeux de Dieu ; car « Nous formons un même corps nous qui avons part au même pain, et Jésus Christ est la tête de ce corps : I ’Eglise du Seigneur ». Que notre Dame des douleurs intercède pour nos malades.
Père André ZERBO
