AU REVOIR PÈRE JEAN
À l’heure où j’écris ces lignes, beaucoup ont appris le décès du Père Jean Monnier. Ils nous a quittés à l’octave de Pâques, fête de la résurrection. Nous le confions donc au Christ qui a dit lui-même qu’il est la Résurrection et la Vie (Jean 11,25). C’est lui notre espérance ! La fête de Pâques signifie « passage ». A l’origine commémorant la sortie d’Égypte où le peuple hébreu avait échappé à la mort, cette fête a pris un sens nouveau avec le Christ, mais en demeurant une fête de « passage » de la mort à la Vie.
Je ne vais pas tenter de résumer les 88 ans de la vie de Jean Monnier. D’autres que moi pourront mieux dans le prochain bulletin raconter ce que le Père Jean leur a apporté, particulièrement dans nos deux paroisses. Je voudrais parler d’abord en mon nom pour dire combien le Père Jean fut précieux pour moi quand je suis arrivé dans la paroisse. Il fut un bon confrère et pour moi un « sage », depuis notre première rencontre au mois de juin. Je passais alors chez lui pour saluer un futur confrère. Je garde toujours sons ourire et la joie avec laquelle il m’a accueilli.
Je ne serai pas à la célébration des obsèques ce vendredi 17 avril. En effet je suis au pèlerinage diocésain de Lourdes en charge de l’accompagnement du groupe des « Compagnons de Bernadette » car j’avais promis de remplacer le Père Sébastien de Groulard. J’ai pu dire à la fin de la messe à Derval, avant de partir, que je vous portais tous dans ma prière ainsi que le Père Jean qui n’était pas encore décédé. La proximité de la grotte de Lourdes m’inspire quelques comparaisons :
Le rocher est pour nous l’image du Christ, car il exprime la solidité de la foi sur laquelle nous nous appuyons. Le rocher de Lourdes a cette belle patine due au temps, car il a vu passer nombre de pèlerins qui se sont appuyés sur lui. De même, Jean fut un roc pour ceux qui ont pu s’appuyer sur sa foi.
La Vierge Marie nous a invités à venir boire à la source qui coule dans cette grotte et à nous y laver. L’eau est un symbole de l’Esprit Saint. Elle figure les sacrements, et en premier lieu celui du baptême par lequel nous avons reçu la vie divine. Dans son ministère, Jean a donné l’accès aux sacrements et il a baptisé non seulement avec de l’eau mais surtout dans l’amour de Dieu.
La lumière enfin est un symbole typiquement pascal, puisque les cierges de Pâques nous rappellent que le Christ nous guide dans toutes nos épreuves. Ici à Lourdes, j’ai pu mettre un cierge pour la paroisse et pour Jean. Toutes ces flammes réunies en buisson qui montent vers le ciel expriment bien nos intentions que nous confions au Seigneur. En retour, elles nous éclairent aussi en nous apportant un peu de cette chaleur que nous venons chercher auprès du Seigneur. Aussi, dans la lumière du Christ, nous pouvons prier pour Jean en étant sûrs qu’il prie pour nous auprès de Dieu.
Si la liturgie des obsèques comporte principalement un « A-Dieu », qui est en réalité un « Au-revoir », elle se complète naturellement avec l’eucharistie, que ce soit le plus souvent en messe du souvenir ou lors des obsèques. Or l’eucharistie est une « action de grâce » : merci à toi Jean pour ce que tu nous as apporté et merci à toi, Seigneur, car déjà tu nous as fait passer de la mort à la Vie.
Père Jérôme Rialland

