L’attente d’un nouvel évêque

Nous vivons une période particulière. Depuis quelques jours, vous avez remarqué que nous ne mentionnons plus dans la messe le nom de Monseigneur James. Comme une invitation à entrer dans un processus de deuil. Une invitation à faire grandir notre attente de son successeur. Celui-ci, tôt ou tard, nous sera donné. C’est une question de temps. Mais qu’attendons-nous de lui ?

Je me suis personnellement posé cette question. Nous vivons dans un département très contrasté, avec des réalités sociales très différentes entre ville et campagne, entre banlieue Nantaise et villes de la façade atlantique, entre des zones périphériques tantôt aisées tantôt pauvres.

La situation générale du diocèse de Nantes est à l’image de cette grande diversité. Une Église vivante et riche, mais contrastée et disparate. Une Église fatiguée : traversée, pas moins qu’ailleurs, par la sécularisation et la désaffection de la pratique régulière, par la baisse constante des demandes sacramentelles, par la diminution des vocations particulières et notamment celle de prêtre. En ville, on est tenté d’aller chercher l’herbe verte dans la paroisse d’à côté quand on trouve qu’elle est moins bonne sur place. En zones rurales, le phénomène d’érosion est semblable. Les anciens repensent avec nostalgie à une époque révolue où « leur » église était pleine. La différence avec la ville, c’est qu’il est difficile d’aller chercher ailleurs ; alors on s’éloigne, on se trouve des raisons de s’éloigner…

Néanmoins, on constate ici et là, notamment chez les jeunes générations mais pas seulement, un vrai renouveau : une croissance qualitative de la demande spirituelle, du besoin d’éducation de la foi, du désir d’un sacrement à côté duquel on était passé jusque-là : baptême, communion ou confirmation. Et, dans le désert d’un monde sans joie ni but, la proposition chrétienne apparait parfois comme une réponse bienvenue.

Pour ne regarder que lui, il faut reconnaitre aussi que notre diocèse a muri et progressé, ces dernières années, notamment en bienveillance fraternelle entre les générations, en formation des laïcs et en conscience missionnaire, dans l’esprit de « La Joie de l’Évangile » (pape François, 2013). L’influence de notre évêque y a beaucoup contribué, me semble-t-il. Il a beaucoup soutenu ces dimensions, notamment dans ses lettres, ses visites pastorales ou ses homélies. Toutes les générations en témoignent.

Pourtant, nous sommes pris dans une sorte de « contre la montre » : de plus en plus de paroisses ne semblent plus en mesure de trouver en elles-mêmes les ressources nécessaires, prêtres ou laïcs, pour remplir l’ensemble de leurs missions. Sur cet arrière-fond, nous ne pouvons que souhaiter que notre prochain évêque, s’inscrivant dans le prolongement de l’esprit impulsé par son prédécesseur, soit, avec son charisme propre :

· Un homme qui sache encourager et fédérer l’élan missionnaire existant chez de nombreux chrétiens, des paroisses, des associations ou des services diocésains.

· Un homme qui sache à la fois s’inscrire dans notre histoire et nous aider tous, et dans l’Esprit-Saint, à trouver des chemins nouveaux pour que le Christ continue d’être annoncé, dans nos campagnes comme dans nos cités.

· Un homme de foi enfin, qui, avec ses collaborateurs, soit capable de dessiner une vision pastorale claire et stimulante pour les années à venir, qui emporte l’adhésion du plus grand nombre. Je suis personnellement convaincu que le renouveau des paroisses passe par la fraternité. C’est-à-dire par la multiplication — sous des formes diverses et inter-générationelles — des « équipes fraternelles de foi » du sein desquelles mûrissent déjà et mûriront toujours plus les ferments nécessaires à la vie communautaire et missionnaire des paroisses de demain.

Et vous, qu’attendez-vous de notre prochain évêque ?

Père Rémy CROCHU

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