Disciples du Maître

Le carême nous fait chaque année réentendre l’appel de Jésus à se rapprocher de lui : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » (Matthieu 16, 24). Le propre du disciple est de marcher dans les pas de son maître. C’est vrai d’un élève pour son professeur, d’un enfant pour ses parents, d’un apprenti pour celui qui l’emploie. Dans le domaine de la foi, c’est pareil : « Si quelqu’un veut être mon disciple… »

Mais que signifie précisément le terme de « disciple » employé par Jésus ? Pour les évangiles, le « bon disciple » remplit des critères précis. Permettez que j’en énonce quelques-uns — 5, précisément.

1) Le disciple est d’abord quelqu’un qui écoute. C’est une évidence ! Mais nous devons reconnaître que, dans le concret, nous ne savons pas facilement écouter jusqu’au bout : accueillir tel conseil, accepter une critique, prêter davantage attention à ce qui est dit qu’à celui qui le dit. Jésus parle de sa mère comme « la disciple » par excellence, celle qui « écoute la Parole de Dieu et la met en pratique » (Luc 8, 21).

2) Le disciple est aussi quelqu’un qui se laisse appeler par un maître et qui se met à son école. Je suis émerveillé à chaque fois que, sollicitant tel ou tel d’entre vous pour un service ou une responsabilité, non seulement vous dites « oui », mais vous faites l’expérience que cette mission, par la grâce de Dieu, vous transforme peu à peu, vous change. Vous le dites. Il en a été de même pour les 12, rappelez-vous. Notre meilleur enseignant, notre meilleur conseiller, c’est bien l’Esprit du Seigneur en nous, pour peu que nous le lui demandions.

3) Par ailleurs, on devrait éviter de dire « disciple » au singulier puisque Jésus le conjugue le plus souvent au pluriel : il envoie les disciples deux par deux, et il rappelle que « lorsque deux ou trois (disciples) sont réunis en mon nom, … » (Matthieu 18, 20). Nous sommes une communauté de disciples. Une paroisse n’est pas une addition de personnes les unes à côté des autres, mais une Communauté, un Corps. Des frères qui s’aiment et témoignent avant tout par leur unité fraternelle entre eux.

4) On reconnaît également un vrai disciple à son humilité dans le service. Il n’est pas « au-dessus de son maître » (Matthieu 10, 24). Il comprend que donner et se donner n’est pas chose facile. Il est confronté à ses limites, à son péché aussi. Il apprend ainsi à ne pas se croire supérieur à ceux qu’il rencontre et qui sollicitent son aide. Etre disciple n’a rien de confortable et cela conduit inévitablement à la croix ! « Qu’il prenne sa croix… »

5) Enfin, le disciple est inséparablement un missionnaire. Il ne peut pas garder pour lui ce qu’il a reçu. Au pluriel, ça donne : « il nous est impossible de nous taire sur ce que nous avons vu et entendu ! » (Actes, 4, 20). En d’autres termes : « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile » (St Paul dans 1 Corinthiens 9, 16).

Nous allons méditer durant tout ce Carême le « Notre-Père ». C’est la « prière du disciple », par excellence : la prière du « fils » qui se laisse former, éduquer, à l’école du « Père ». Regardons ensemble, comment elle fait de nous des disciples-missionnaires !

Rémy CROCHU

 

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