Pas de retraite pour l’annonce de l’évangile

Le message du Pape pour la première Journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées, qui se tiendra le dimanche 25 juillet, vient d’être rendu public. François, âgé de 84 ans, a adressé personnellement ce texte à un « cher grand-père » ou à une « chère grand-mère » comme une lettre intime, pleine d’amour, de respect et de sensibilité, se situant lui-même comme un homme éprouvé par sa vieillesse. Tirant sa réflexion de la promesse de Jésus dans l’Évangile de Matthieu, « Je suis avec toi tous les jours », le Saint Père commente ce verset par ces mots : « Ce sont aussi les paroles qu’en tant qu’évêque de Rome, et en tant que personne âgée comme toi, je voudrais t’adresser à l’occasion de cette première Journée mondiale des grands-parents et des personnes âgées. Toute l’Église est proche de toi — disons-le mieux, elle nous est proche — : elle a souci de toi, elle t’aime et ne veut pas te laisser seul ! » Le Pape évoque les douleurs liées à la pandémie, notamment la solitude des personnes âgées privées du contact physique avec leurs proches en raison des restrictions sanitaires. « La pandémie a été une tempête inattendue et furieuse, une dure épreuve qui s’est abattue sur la vie de tout le monde, mais qui a réservé un traitement spécial, un traitement encore plus rude à nous, les personnes âgées. Beaucoup d’entre nous sont tombés malades ; nombreux ont perdu la vie ou ont vu mourir leur conjoint ou leurs proches ; d’autres encore ont été contraints à la solitude pendant une très longue période, isolés », s’attriste François. Le pape voulait montrer par-là que « le Seigneur appelle à tout âge, même quand on se croit oublié ». Et il cite alors le Protévangile de Jacques : « Une tradition raconte que saint Joachim, le grand-père de Jésus, avait lui aussi été exclu de sa communauté parce qu’il n’avait pas d’enfants ; sa vie, tout comme celle de sa femme Anne, était considérée comme inutile. Mais le Seigneur lui envoya un ange pour le consoler. Alors qu’il se tenait tout triste aux portes de la ville, un envoyé du Seigneur lui apparut pour lui dire : « Joachim, Joachim ! Le Seigneur a exaucé ta prière insistante. » Il prophétisait ainsi la naissance de Marie, mère de Jésus », raconte François. La promesse de Jésus, “Je suis avec toi tous les jours”, peut donc être actualisée dans la vie de chacun, et notamment de chaque ancien. « Il te le dit, il me le dit, il le dit à nous tous ! Tel est le sens de cette Journée que j’ai voulu que l’on célèbre pour la première fois cette année, après une longue période d’isolement et une reprise encore lente de la vie sociale : que chaque grand-père, chaque grand-mère, chaque personne âgée – en particulier les plus isolés d’entre nous – reçoive la visite d’un ange », écrit le Pape avec une espérance vibrante et non sans une certaine poésie. Et de manière encore plus personnelle, le pape ajoute : « Je peux moi-même témoigner d’avoir reçu l’appel à devenir évêque de Rome au moment où j’avais atteint, pour ainsi dire, l’âge de la retraite et je ne pensais plus pouvoir faire grand-chose de nouveau. Vous savez, le Seigneur est éternel et il ne prend jamais sa retraite, jamais » ! Et le pape conclut sa lettre par ces mots : « Je demande au Seigneur que chacun de nous apprenne à répéter à tous, et aux plus jeunes en particulier, ces paroles de consolation qui nous ont été adressées aujourd’hui : “Je suis avec toi tous les jours” ! »

Père Rémy Crochu, curé

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