Le chemin de la vie … un chemin de joie !
Tel est le début d’une chanson que j’avais découverte par le MEJ (Mouvement eucharistique des Jeunes) : « Le chemin de la vie est un chemin étroit, mais ceux qui l’ont suivi ont découvert la joie… » La chanson exprime combien l’Evangile nous fait suivre un chemin à rebours de ce qui est la pente naturelle de l’homme. N’est-il pas tentant de ne penser qu’à soi, de se venger, de mettre les faibles de côté ? Voilà que le Christ nous entraîne dans son chemin qui va aller jusqu’au don total de soi, offrant sa vie à Dieu pour le salut des hommes. Cependant, pendant ce dernier repas où Jésus a lavé les pieds de ses disciples, où il a partagé son corps livré, son sang versé, il les réconforte : « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et qu’elle soit parfaite » (Jean 15,11). C’est un passage de la croix à la résurrection : apprendre à aimer comme Dieu.
On aurait tort de considérer ce chemin de Pâques comme une simple évocation d’un événement passé. La semaine sainte nous fait vivre la souffrance du monde qui attend aujourd’hui cette joie de Dieu. N’est-ce pas important de contempler sur la croix tous ceux à qui le Christ s’est identifiés : les méprisés, les humiliés, les pauvres abandonnés ? La foi chrétienne n’a pas résolu pour l’instant tous les problèmes de ce monde, mais elle a fait quelque chose d’essentiel et qui est fondamental par rapport à toute action charitable : elle nous a ouvert les yeux. Elle nous a permis de ne pas détourner notre regard devant la souffrance. Il est écrit dans le livre du prophète Zacharie (Zc 12,10) : « Ils regarderont vers moi, celui qu’ils ont transpercé. » C’est notre regard sur le prochain blessé, humilié qui est la première charité. Un regard qui redonne sa dignité à l’homme.
La joie qui s’ensuit est celle de l’amour. Sans doute aurons-nous attaché un rameau à la croix de notre salle-à manger ou de notre chambre. Ce rameau signifie que l’amour dans le Christ est vainqueur : Jésus Christ a triomphé de la mort. Il nous rappellera tout au long de l’année que Dieu nous a ouvert un chemin de vie, un chemin de joie. Comme il est bon d’expérimenter que l’amour nous fait vivre ! Dans cette fête de Pâques, nos églises recevront un cierge pascal destiné à symboliser la lumière du Christ, cette lumière qui nous a ouvert les yeux sur l’amour de Dieu pour nous et donc l’amour du prochain. Pâques est comme un programme de vie : au-delà de nos enfermements, Dieu nous appelle à le rejoindre dans une vie donnée par amour pour tous. La chanson dont j’ai parlé pour ouvrir cet édito continue ainsi : « Ce chemin d’Evangile, prends-le et n’aie pas peur. Même un être fragile peut avoir un grand cœur ! »
Père Jérôme RIALLAND
